Pourquoi je supprime la moitié des plugins d'un site repris
Cinq secondes de gagnées au chargement, et deux failles fermées : ce que révèle presque toujours l'audit d'un site WordPress repris.
Quand on me confie un site WordPress existant, la première chose que je regarde n'est ni le thème ni le contenu : c'est la liste des plugins. Sur les sites que je reprends, la moyenne tourne autour de trente extensions installées. Après audit, il en reste généralement douze à quinze. Voici pourquoi — et ce que ça change concrètement.
Comment on en arrive à trente plugins
Personne ne décide d'installer trente plugins. Ça s'accumule : un plugin pour un formulaire, un autre parce que le premier ne faisait pas les colonnes, un constructeur de pages, trois extensions du constructeur, un plugin de cache installé un jour de site lent, un deuxième plugin de cache installé par le prestataire suivant qui n'avait pas vu le premier… Chaque intervenant ajoute sa couche, personne ne retire jamais rien.
Le problème n'est pas le nombre en soi — c'est qu'un plugin est du code qui s'exécute à chaque visite, qu'il serve ou non. Et du code qu'il faut maintenir à jour, sous peine de laisser une porte ouverte.
Ce que coûte un plugin inutile
- — De la vitesse : chaque plugin charge ses scripts et ses styles, souvent sur toutes les pages. Sur un site repris récemment, deux extensions abandonnées ajoutaient à elles seules 1,2 seconde au chargement.
- — De la sécurité : les plugins sont la première porte d'entrée des piratages WordPress. Un plugin non mis à jour depuis deux ans est une faille documentée publiquement, qu'un robot finira par tester.
- — De la stabilité : plus il y a de plugins, plus les mises à jour ont de chances d'entrer en conflit. C'est le fameux site « qu'on n'ose plus mettre à jour » — le pire état possible.
Ma méthode de tri
Pour chaque plugin, trois questions. Est-il utilisé ? (Un plugin de galerie sans galerie sur le site, ça existe plus souvent qu'on ne croit.) Est-il maintenu ? (Dernière mise à jour, compatibilité avec la version PHP du serveur.) Peut-il être remplacé par vingt lignes de code dans le thème ? Beaucoup de plugins ne font qu'une micro-tâche — un code de suivi, un champ supplémentaire — qui s'écrit proprement en quelques minutes et ne pèsera plus jamais rien.
Le résultat sur le dernier site repris : quatorze plugins supprimés, temps de chargement divisé par deux, et deux extensions avec des failles connues remplacées. Le site n'a rien perdu en fonctionnalités — il a juste arrêté de porter du poids mort.
Ce qu'il faut retenir
Si votre site WordPress a plus de vingt plugins et que personne ne sait dire à quoi sert chacun, un audit s'impose. C'est systématiquement la première étape de mes refontes : on ne construit pas du neuf sur des fondations encombrées.